Les travaux de curage du bâtiment « SL » de la Manufacture Française des Pneumatiques de Michelin, à Clermont-Ferrand, sont terminés. Une visite de chantier a été organisée à destination des maîtres d’ouvrages publics et privés ce vendredi 27 mars (*). L’occasion de revenir sur les particularités innovantes de ce projet qui conjuguent patrimoine ancien et hautes performances environnementales.

L’enjeu est de taille sur le Campus des Carmes, siège social de la Manufacture Française des Pneumatiques Michelin : transformer un bâtiment historique en un équipement moderne aux performances équivalentes à celles d’une construction neuve.

Construit au début du XXe siècle, le bâtiment « SL » représente historiquement la fonction administrative et tertiaire pour l’entreprise. Il est situé juste derrière le bâtiment d’accueil des Carmes, appelé la « Canopée ».

Ce projet vise à intégrer dans ce bâtiment les nouveaux usages pour des fonctions administratives, tout en conservant l’âme de cette architecture centenaire qui porte encore les traces de l’évolution de l’entreprise dans le temps, avec de nombreuses extensions et surélévation tout au long de son histoire.

Sobriété, discrétion, élégance

Le bâtiment s’étend sur 90 mètres de long pour une hauteur de 25 mètres. L’objectif n’est pas de créer une rupture visuelle forte, mais de garder cette enveloppe de pierre et de béton préexistante et ainsi d’adopter une posture de « discrétion élégante ».

Dans la conception du projet, maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre ont priorisé la performance thermique et le confort des utilisateurs sans chercher à « contrebalancer » les projets architecturaux environnants déjà très marqués.

Impact carbone moindre et réemploi

Le défi majeur porte sur la complexité d’associer hautes performances environnementales et bâtiment ancien avec une structure hétérogène, fruit de plusieurs extensions.

A ce stade, l’analyse du cycle de vie du bâtiment montre un résultat proche des exigences « Impact Carbone Construction » de la RE 2028. La rénovation permet de réduire significativement l’impact carbone de la construction, ainsi que l’utilisation de matériaux bas-carbone, notamment l’incorporation de bois au sein même des structures béton.

Un résultat proche des exigences « Impact Carbone Construction » de la RE 2028.

Grâce à une anticipation rigoureuse et des partenaires spécialisés, la volonté de mise en place du réemploi sur le chantier correspondant à une réalité chiffrée :

  • 47% de réemploi global in-situ (les matériaux de curage réutilisés sur site)
  • 57% de réemploi ex-situ, ce qui implique une logistique complexe de revente ou de transfert vers d’autres chantiers.

Citons, à titre d’exemple, le parquet existant qui n’a pas été jeté mais qui sera transformé en tablettes de bureaux. Les luminaires et les portes de sanitaires/bureaux ont fait l’objet d’une dépose soignée pour être réintégrés ou valorisés via l’application reutil-btp.fr.

Bien d’autres caractéristiques techniques confèrent à ce bâtiment – qui devrait être opérationnel en 2027 – un caractère unique, innovant et encourageant. A l’heure de la sobriété foncière et de la décarbonation du bâti, ce projet démontre une reconversion de l’existant possible sans renoncer à la qualité architecturale.

(*) GCC Auvergne, entreprise qui réalise les travaux du clos couvert, a organisé cette visite. Le maître d’ouvrage est la Manufacture Française des Pneumatiques Michelin et l’équipe de maîtrise d’œuvre est composée de CRR Écritures Architecturales (architecte mandataire), de BETMI (BET structure béton), Salto Ingénierie (BET Acoustique), Sylva Conseil (BET Structure Bois), EODD (BET HQE), Métabatik (AMO Réemploi)